Bonne Ouverture 2018

(2018-08-04)

Bonne ouverture 20128 à tous les sauvaginiers

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Les appelants nos fidèles assistant, compagnon de chaque instant, à  qui on ne reproche jamais une bredouille, mais qu'on félicite a la moindre petite pose

Les systèmes d'attaches

La bague :

C'est cette pièce qui fait le lien entre la patte du canard et l'attache. Il faut y faire très attention car elle la peut blesser et rendre l'appelant nerveux. Il se vend dans le commerce des bagues en plastique ou en laiton qui sont maintenues en place par une petite vis en laiton. Ces bagues ne blessent pas la patte et sont résistantes. Elles ont cependant plusieurs inconvénients : il faut avoir un tournevis pour les fixer et la petite vis a la fâcheuse tendance à tomber dans l'herbe où il est quasiment impossible de la retrouver à moins de passer une demi-heure à quatre pattes, le trou qui permet d'attacher le canard est trop petit pour certains types d'attaches et on ne trouve pas de modèle pour les siffleurs et sarcelles; enfin elles sont relativement chères.

Une solution pratique consiste à utiliser des colsons, ces colliers électriques que l'on trouve dans les grandes surfaces de bricolage à peu de frais. On passe un anneau dans le collier et on serre sur la patte du canard à la dimension voulue. Il faut cependant faire attention à l'anneau. Ceux en plastique sont fragiles par grand froid. Ceux en métal type joint moteur en cuivre sont intéressants mais conduisent le froid et sont désagréables pour le canard. La meilleure solution consiste à utiliser des joints en caoutchouc basse température. Ils sont solides mais il faut quand même les tester en les plaçant une nuit au congélateur pour vérifier qu'ils ne deviennent pas cassants. Autre point, le nombre. Pour le colvert une seule bague à la patte dont l'aile n'est pas écourtée est suffisante. Par contre, pour les autres espèces, il est avantageux d'en mettre une à chaque patte. L'oiseau a tendance à moins tirer à l'attache.

 

L'attache :

Il y a peu de commentaire à faire sur l'attache. Celles en inox sont évidemment les meilleures car n'étant pas sensibles à la corrosion. Depuis quelques années se vendent des attaches rapides très faciles à attacher sur la bague. On peut en réaliser facilement soit même avec des baguettes de soudure en inox. Les petits mousquetons ont aussi leurs utilisateurs, avec là aussi, une facilité de mise en place.

L'émerillon :

C'est une partie très importante. Elle est absolument nécessaire car elle empêche le vrillage de la ficelle et laisse tout le mouvement de la patte à l'oiseau. Les émerillons de type baril pour la pêche sont intéressants mais un peu fragiles. Les meilleurs sont ceux du commerce en laiton. Un système simple permet d'atteler deux canards sur un même poids. Il suffit de relier deux ficelles sur un même émerillon en en gardant un sur chaque attache. C'est intéressant pour "piquer" un couple de colverts formé pour janvier et février. Ils sont de ce fait très calmes.

La ficelle :

C'est la ficelle de polyamide (Nylon) qui est la plus utilisée aujourd'hui. Elle présente l'avantage d'être imputrescible et très solide. Il est évident que pour des raisons de discrétion, il est préférable qu'elle soit de couleur neutre (verte ou grise). Une corde blanchâtre qui traîne dans l'eau à la surface devant une forme lorsqu'il n'y a pas de vent n'est, à mon avis, pas très attirante pour le canard. Il est quelquefois avantageux de mettre des élastiques à la place des cordes pour des canards très nerveux du type sarcelles ou siffleurs qui se débattent beaucoup lors de leurs premiers attelages. Les pattes ont ainsi moins de chance d'être abîmées car les chocs sont amortis.

Poids

C'est le système universel et qui est certainement le plus utilisé car il peut s'adapter à toutes les profondeurs d'eau. Il est constitué d'une pièce de plusieurs kilos sur lequel on attache une ficelle qui est elle-même reliée au canard par l'intermédiaire de l'émerillon, de l'attache et de la bague. Ce système est très courant sur tous les plans d'eau et est utilisé seul ou en complément d'une attache par va et vient par exemple. Son principal avantage pour l'attache est que l'on peut varier à l'infini les emplacements et le schéma de la pique. Un système simple pour en fabriquer soi-même est de remplir une boîte de conserve de béton en ayant pris soin d'immerger dans le béton un U renversé qui servira à fixer la ficelle. Les auto-bloquants de forme diabolo sont aussi faciles d'emploi mais plus onéreux. On peut aussi utiliser un piquet de bois ou de fer à béton que l'on enfonce dans le sol dur des mares peu profondes ou en baie.

Va et vient :

Ce système est beaucoup utilisé aussi bien en eau profonde qu'en mare de plus faible profondeur. Il consiste à utiliser une corde qui va coulisser autour de un ou deux piquets au large, un piquet intermédiaire non obligatoire et deux piquets près du bord. Sur cette corde, sont fixées, à intervalles réguliers, des ficelles d'attelage.On place en général au moins deux va et vient devant la hutte afin de ménager un V assez ouvert au milieu duquel devraient venir se poser les sauvages.

En installant plusieurs va et vient, quatre et plus, cette technique permet aussi d'atteler beaucoup de canards en un minimum de temps. L'inconvénient est que les positions des appelants sont fixes et ne permettent pas la variété de possibilités que procurent les poids.

Il existe une variante du va et vient qui est utilisé entre autres à Condé / Escaut : la technique du fil de fer fixe. Tout autour de la hutte flottante sont placés en étoile des fils de fer immergés sur lesquels sont fixées des ficelles d'attelage. Il faut bien sur aller atteler en barque.

Il faut noter aussi que les cordes doivent être assez tendues pour pouvoir repérer ses canards pendant la nuit, mais qu'elles doivent être complètement immergées et assez profondément, surtout l'hiver quand les eaux sont plus claires. Je me souviens d'une sarcelle d'été ne voulant pas nager au-dessus d'une corde mal enfoncée.et qui finalement n'est pas restée bien longtemps à suivre la corde.

Palette

Cette technique est proche de celle du poids car on peut l'utiliser pour mettre des canards sur la flaque où on le désire. Il en existe plusieurs variantes. La plus courante est une palette en acier soudée au bout d'une tige. Une pièce en bois coulisse sur cette tige et dépasse légèrement de la palette. Sur cette pièce en bois vient se fixer la ficelle et l'attache. L'avantage est que le canard peut se reposer sur la palette et garde une attitude très naturelle. Ce système convient bien pour les sarcelles et les siffleurs. On peut bien sûr faire des palettes doubles ou triples pour faire des groupes d'appelants. On peut y adjoindre une mangeoire.

Un autre système est la palette flottante. Il faut découper des disques dans du contreplaqué épais, de 40 cm de diamètre pour les sarcelles et de 60 cm pour les siffleurs. Un U est enfoncé dans le contreplaqué à partir duquel est attaché la ficelle. Cette palette peut être soit fixée à un poids, soit à un va et vient.

Cage

Il s'agit ici tout simplement de construire une petite cage en grillage fin dans laquelle on mettra l'appelant et que l'on place à l'endroit que l'on veut. Si la cage est flottante on peut la mettre sur la mare, mais ce système est surtout utilisé pour les canes au cri que l'on dispose autour du marais. Dans ce cas les cages sont montées sur une tige et plantées là où il faut. Pour les sols relativement durs, en été par exemple, prévoir des cages avec trois ou quatre pieds.








Parc

Il est toujours intéressant d'avoir des canards dans des parcs toute la saison car en l'absence d'attelage, ils sont tout de même très attirants pour les canards en vadrouille de jour. D'autre part, un parc à sauvagines est aussi très attirant et on le constate à chaque pose. Il convient de ne pas avoir un grillage trop voyant, le gris à petite maille convenant le mieux mais étant aussi le plus sensible à la corrosion.

Les formes

Poids

C'est le moyen le plus simple de mettre en place des formes. On peut bien sûr l'utiliser pour toutes profondeurs d'eau et tous types d'étang ou de mare. Il faut bien sûr un poids moins important pour maintenir une forme dans le vent que pour "piquer" un gros colvert qui tire sur son attache. Un bout de tuyau de plomb récupéré coupé en tronçons de 5 cm fait très bien l'affaire. Les mini-boites de conserve (de maïs doux ou de thon par exemple) remplies de béton sont aussi très utiles car peu encombrantes. On peut aussi attacher plusieurs formes à la queue leu leu ce qui à l'avantage d'être rapide à poser mais qui en cas de vent très faible ou tourbillonnant les fait invariablement s'emmêler les unes aux autres ce qui a un effet désastreux sur l'attache. Le mieux est encore d'avoir un poids unique pour chaque forme avec un petit dispositif de réglage de la longueur de ficelle afin que la blette soit parfaitement maintenue et qu'elle ne puisse plus trop bouger de sa place dès qu'elle est mise. Il n'est pas nécessaire de mettre un émerillon et une attache car la blette ne tourne pas trop sur elle-même.

Structures bois ou grillage :

J'ai déjà rencontré une façon astucieuse de mettre en place les formes. Il s'agit de créer une structure en petites lattes de bois correctement lestées sur lesquelles sont fixées les formes par une courte ficelle. Les lattes de bois peuvent être avantageusement remplacées par un grillage à grandes mailles qui procurent de nombreux point d'attache pour les formes. Le grillage est intéressant car il est relativement plus lourd que les blettes et ce qui les empêche de rouler et de gîter par grand vent.

On peut avec ces structures mettre un grand nombre de formes sur une petite surface en un minimum de temps. Elles sont de ce fait aussi très faciles à déplacer lors d'un changement de vent pendant la nuit. En revanche, bien adaptées aux attaches par vent modéré à fort, elles le sont moins lorsqu'il faut écarter les formes lors des nuits sans vent.

Formes

Canards de surface

Toutes les espèces sont utilisées. Les plus prisées sont celles de colverts, siffleurs, souchets, pilets et sarcelles. La nuit, leur couleur a peu d'importance mais il ne faut pas qu'elle soit brillante à la lumière de la pleine lune. En général, les couleurs les plus prisées sont le noir et le marron mat. Pour une chasse de jour, la couleur se discute. Là aussi, une quinzaine de formes bien colorées est un vrai régal pour les yeux.

On peut discuter aussi de la matière utilisée pour faire la forme. Les premières formes retrouvées en Égypte et en Inde étaient en roseaux tressés. On a longtemps aussi utilisé des formes en bois. Elles sont aujourd'hui quasiment toutes en plastique (PVC). Le bois possède les qualités de la durabilité, d'une meilleure flottaison et d'une indifférence aux plombs. Le PVC est léger, facile à trouver en armurerie. Les deux doivent être repeints chaque année voire plusieurs fois par an si on veut avoir des formes impeccables. (On peut les remplir de mousse de polyuréthane en faisant trois ou quatre trous pour laisser échapper le trop plein de mousse et éviter la déformation de la forme).

Fuligules

Les formes de milouins et morillons sont les plus utilisées ; elles se ressemblent fort par leur forme mais diffèrent par leur couleur. Il est à noter qu'il existe des formes de milouin "dormeur" avec la tête sous l'aile, qui sont très attractives et pas seulement pour les plongeurs. Je préfère de beaucoup ces formes à celles de canes pilets avec le bec qui se dresse vers le haut, comme étant prêtes à s'envoler.

Signalons aussi qu'aux États Unis où la chasse avec appelants est interdite et que seule la chasse de jour est autorisée, beaucoup de chasseurs emploient une importante batterie de formes. Ils ont remarqué, que statistiquement, de vulgaires bidons peints en noir et attachés à la queue leu leu avaient quasiment autant d'effet sinon plus sur les fuligules que de superbes formes très ressemblantes. En revanche et toujours d'après cette étude, des formes à la peinture écaillée et de "réforme" avaient, quant à elles, un effet beaucoup moins important. Cette étude nous porte à croire que les formes attirent les canards de loin car à cette distance la différence entre un bidon et une forme est difficile à faire. Quand ils survolent l'attelage, ils sont plutôt méfiants quant aux blettes de couleur disparate et de flottaison douteuse. En bref, si on a des belles formes bien visibles de loin c'est très attirant mais mieux vaut ne rien mettre du tout que de mettre des formes défraîchies.

Oies

Les formes d'oie sont souvent utilisées. Il en existe sur pied ou nageant essentiellement en plastique. Elles sont très attractives non seulement pour les oies sur les grands étangs mais aussi sur les canards et particulièrement les sarcelles, on ne sait pourquoi. Là aussi, plus elles sont grandes mieux c'est. Cela me rappelle d'ailleurs une image incroyable pour nous européen, d'un chasseur de bernaches du Canada approchant les sauvages en étant caché à l'intérieur d'une Bernache géante. C'est caricatural mais explicite sur le fait que la taille a peu d'importance pour les oiseaux.

En ce qui nous concerne, le principal inconvénient des formes d'oie est qu'elles sont relativement légères par rapport à leur taille. Elles sont donc sensibles au vent et à la houle. Pour les petites mares, c'est encore acceptable mais sur les grands étangs les formes peuvent vite se transformer en de véritables épouvantails brinquebalants de tous côtés au rythme des vagues. Il est indispensable de les lester. Certains emploient un pneu dans lequel la forme est enfoncée en force. D'autres les remplissent de gravier ou d'eau. Peu importe le système, l'important est qu'elle ne ballotte plus.

Les différentes espèces d'appelants

Colvert

C'est encore l'espèce la plus utilisée car relativement facile à élever, à soigner et à maintenir en parc. Calme à l'attache relativement vite, le colvert est aussi très rustique, se contentant de peu de choses. Il faut cependant retenir que le colvert a besoin d'eau et de lumière lors des premières semaines de son existence, surtout lorsqu'il mue pour la première fois et que son duvet se forme. Il risque alors d'avoir les plumes de son ventre mal formées et de prendre l'eau au premier attelage prolongé. Le colvert est en majorité granivore ; il lui faut donc un mélange de graine comme nourriture. Le blé, l'orge, le maïs, le riz lui conviennent parfaitement. Il faut cependant lui ajouter un peu de verdure et des petits cailloux pour lui permettre de bien broyer les graines dans son gésier. Il est très friand de salades.

On classe généralement les colverts selon leur cri en quatre catégories : le long-cri, le demi-cri, le court-cri et les mâles. A l'heure actuelle, on peut aussi parler d'amassoire, d'allongeoire,de pleureuse, de cane de pose, de mignon etc.

Le mâle : Il a une importancecapitale car c'est lui qui prévient les canes et qui permet de créer une zone de calme. Je pense qu'on ne les sélectionne pas assez et qu'un bon mâle est aussi important qu'un bon court-cri.

Les longs-cris : (chanteuses ou chanterelles) doivent avoir un cri prolongé, parfois plus d'une centaine de fois, à un rythme normal. Elles doivent chanter toute la nuit et par leurs cris attirer le canard qui ne passe pas au-dessus de l'étang mais un peu à côté.

Les demi-cris: doivent crier quand elles voient le canard, une dizaine de fois environ.

Les courts-cris : ne doivent crier que lorsque le canard passe au-dessus de leur tête prêt à poser.

Les amassoires : sont des canes ayant un cri très long et traînant ainsi qu'une puissance de voix importante. On peut les mettre au cri ou à la pose dans un paquet de blettes, elles ont alors un cri très long mais ne donnent que quelques fois et sont appelées canes de pose. Les allongeoires sont des longs-cris qui, lorsqu'elles voient un canard allongent leur cri comme une amassoire lorsqu'il la survole. Les pleureuses sont des canes qui ont un cri long et traînant avec des "trémolos" dans la voix pourrait-on dire. Enfin les mignons ont la particularité d'avoir un cri très rapide et très aigu à tel point qu'on les appelle parfois des mitraillettes

Autres canards de surface

Les autres canards de surface les plus utilisés comme appelants sont les siffleurs, les sarcelles d'hiver et dans une moindre mesure les pilets et les chipeaux. Les siffleurs, les pilets, les chipeaux sont des canards robustes et qui peuvent être attelés comme des colverts, les sarcelles sont beaucoup plus fragiles. La plus grande qualité pour un siffleur ou une sarcelle et sa sagesse à l'attelage. Il faut absolument cette qualité pour avoir un attelage performant.

En général, ces canards sont attelés à la palette dans un paquet de blettes en séparant les mâles des canes afin de les faire crier.

On peut aussi évidemment les mettre en parc ou "parges". Leur cri est alors plus naturel et c'est d'ailleurs ce qu'il convient de faire avec des oiseaux blessés et rattrapés par le chien. Ceux-ci sont extrêmement sauvages et ne supportent qu'à de très rares exceptions la corde de l'attache. En parc, ils sont par contre bien plus attractifs que ceux issus d'élevage car leur expérience est déjà faite et ils crient à bon escient en général.

Fuligules

Je ne connais personne qui attelle des fuligules mais pourquoi pas ? On les utilise en "parges", essentiellement les milouins et les morillons, et je pense que c'est attractif. Si ça ne l'est pas, le plaisir des yeux est cependant au rendez vous et cela aussi fait partie de la chasse.

Si quelqu'un les utilise à l'attelage, qu'il me le fasse savoir et je rajouterai quelques lignes.

Oies

Je sais que les oies sont beaucoup utilisées, notamment sur les grands étangs des Landes et de la Somme, là où les chances de pose sont les plus importantes. Sur les petits étangs, je ne sais pas si c'est vraiment efficace. Deux espèces sont principalement utilisées : la rieuse et la cendrée. A l'intérieur des terres, la rieuse se rencontre très rarement et c'est la cendrée qui est la plus utilisée. En baie et sur la côte, on peut rencontrer les deux espèces.

On les attache comme des colverts,généralement au poids ou à la palette, en association avec des formes. On la rencontre aussi très souvent dans des parcs et je me souviens, sur un étang de 3 ha, en avoir vu un très beau sur une île à fleur d'eau avec une dizaine d'oies: c'était très efficace sur les petites bandes en migration.




La disposition des appelants sur la mare

Comment disposer appelants et formes ?

Je vais essayer de rapporter par écrit mon expérience sur ce sujet. Je ne pense pas être exhaustif et toute remarque sera bonne à prendre sur un sujet qui a fait couler déjà beaucoup d'encre.

Le cri

Tout d'abord le cri. Doit-on en mettre beaucoup ou peu ? Mon expérience m'a convaincu qu'il y a des jours où il faut en mettre pas mal et d'autres où il faut restreindre le chant. Les paramètres qui vont permettre de prendre sa décision sont les suivants :

  • Plus il y a de vent plus il faut mettre de cri.
  • Plus la lune est noire plus il faut mettre de cri.
  • Septembre et surtout octobre sont des mois où on peut mettre plus de cri.
  • S'il n'y a pas trop de passage on peut mettre plus de cri.
  • Si on attelle des sauvages, le cri sur l'eau n'est pas préconisé.
  • Par pleine lune, ne pas mettre trop de cri.
  • Idem sans vent.
  • En janvier et février, il vaut mieux du calme.
  • Lors d'un gros passage, ne pas insister sur les cris.

Le nombre de canards à l'eau

Certains diront que plus on met de canards à l'eau, plus les sauvages sont attirés. Il est certain que l'instinct grégaire joue mais il ne faut pas remplir sa mare de canards au risque d'attirer le sauvage mais de ne pas le voir poser. Des refus de pose parce que la flaque est trop encombrée sont fréquents. Il faut donc trouver le juste milieu entre mettre 5 canards à l'eau et en mettre 50. Ce nombre dépend en fait généralement de la surface du clair. Sur une petite mare de quelques ares il faut restreindre le nombre au strict minimum. Pour celles de plusieurs hectares il faut en mettre plus mais sans excès. En effet le canard trouvera toujours la place pour se poser mais trop loin de la hutte et pas du tout à l'endroit prévu par le sauvaginier. En général et pour une mare de petite superficie on attachera 4 canards. Pour celles d'un hectare environ, on en mettra une douzaine et pour une plus grande surface une vingtaine.

La disposition des canards.

Elle dépend en général des usages de la région et ce qui est frappant c'est que les résultats sont en général identiques. En fait peu importe comment on attelle, il faut respecter trois règles de base.

  • La première est qu'un canard se pose toujours face au vent comme un avion.
  • La deuxième est qu'il peut refuser la pose si on met du cri à l'endroit où il veut se poser.
  • Le troisième, peut être la plus importante, le vent d'accord mais l'arrivage d'abord. Le canard arrive en général sur la mare par un axe précis et il faut en tenir compte prioritairement par rapport au vent.

Avec ces trois règles de base on peut faire un attelage sans trop se tromper. Il faut tout de même ajouter que lacompétition entre les huttes est un facteur supplémentaire qu'il faut prendre en compte. Cependant, il faut une grande expérience du comportement des oiseaux pour arriver à faire tourner et poser une bande qui hésite entre deux huttes voisines. Dans tous les cas, ne jamais hésiter à changer son attelage quand c'est le voisin qui a la première pose.

Traditionnellement, deux grands principessont utilisés par les huttiers. Au Nord et surtout en baie, c'est l'attelage en ligne et au sud ou à l'intérieur des terres c'est l'attelage en V.

En ligne

On met un paquet d'une douzaine de blettes d'eiders devant la hutte. Un court cri avec son mâle 5 m au vent des formes, un moyen cri 25 m sous le vent des blettes et 50 m un long cri, ceci pour un vent modéré. On peut aussi remplacer la demi-cri par une amassoire et la long-cri par une allongeoire. Avec un vent nul, il faut un peu écarter les canes au cri et au cours d'un coup de vent les rapprocher. En effet le canard se pose beaucoup plus rapidement par grand vent que par grand calme. L'objectif est de faire poser le canard face au vent auprès du paquet de formes. Il est évident qu'avec cette formule, il faut avoir une vraie connaissance de ses canards et surtout en avoir de très bons.

En V

On met devant la hutte deux lignes de 5 ou 6 canards avec pour la branche au vent un maximum de mâles et courts-cris, et pour celle sous le vent un maximum de longs-cris et moyens-cris. Au bout de la branche du V au vent, mettre un paquet de blettes. L'objectif est de faire poser face au vent près du paquet de formes et entre les branches du V.

Une variante utilisée sur des grands étangs et des huttes flottantes (Condé / Escaut et Vieux Condé par exemple) est de mettre tout autour de la hutte des lignes fixes avec des blettes et des appelants mélangés. Il faut évidement respecter les règles de base de l'attelage mais aussi tenir compte de l'abri que forme la hutte et laisser une zone relativement calme sous le vent de la hutte.

Le cri à l'extérieur

Dans ces deux cas, l'effet de l'attelage est multiplié en mettant des canes long cri au panier, c'est à dire dans de petites cages généralement surélevées, sous le vent de l'étang ou vers l'arrivée du canard à des distances plus ou moins importantes. Ces canes ont pour but de faire baisser le canard qui ensuite, étant rappelé sur l'étang se pose plus facilement. Attention cependant, il faut que l'attelage sur l'étang soit parfait sinon, le canard, qui a déjà baissé, s'il ne se pose pas, ira dans la plupart des cas se poser chez le voisin qui est juste derrière vous dans le sens de la migration. Il n'y a rien, cela va sans dire, de plus agaçant.

L'attelage des canards autres que le colvert.

Les règles sont différentes car on peut considérer ces canards comme des courts-cris. Ils ne crient en effet que lorsqu'il passe quelque chose et ne crient pas bien fort ni longtemps. Il faut donc, si on veut quand même mettre à l'attelage des colverts, utiliser uniquement des mâles et des courts-cris confirmés. Il faudra privilégier la mise en place des sarcelles et des siffleurs près des paquets de blettes. Il faut bien sûr renforcer de manière importante l'attelage à l'eau par des canes au cri en caisses à l'arrivage afin de faire baisser le canard et de préparer sa pose.

Il est courant de mettre les sarcelles et siffleurs dans un paquet de blettes afin de renforcer l'impact visuel et d'attirer le canard de loin.

L'attelage des oies

N'ayant jamais utilisé d'oies à l'attelage mais uniquement en "parge". je n'ai aucune expérience sur la manière de les attacher. Toute suggestion sera la bienvenue.

Merci à Olivier Treca pour cette présentation des appelants

Une couveuse pour leur élevage

Une couveuse artisanale

Voici la fin de la chasse et le temps de penser aux couvaisons de nos canards. Certes il est possible de les laisser couver seuls, mais il est parfois plus simple et plus efficace de mettre quelques oeufs en couveuse pour les préserver des rats et des prédateurs divers. Dans les revues, on trouve de nombreuses publicités pour des appareils de capacité très variable mais on peut très facilement réaliser une telle installation, à peu de frais, avec des moyens simples. Nous en avons construit une qui fonctionne maintenant depuis presque vingt-cinq ans.

Nous avons isolé, avec des panneaux de polystyrène extrudé, une caisse de contreplaqué de 1,20m x 0,60m x 0,60m. A l'intérieur, nous l'avons partagé en trois parties : aux extrémités le chauffage, au centre la partie qui servira à placer les oeufs.

Le chauffage est réalisé à partir d'ampoules ordinaires de 60w. (Nous avons abandonné très vite les ampoules de chauffage qui ne supportaient pas les allumages et les extinctions répétés.) Un thermostat de chauffage central permet de réguler la température aux alentours de 39° en évitant de dépasser les 39,5°. (Nous l'avons ensuite remplacé par un thermomètre relié à un relais pour des raisons pédagogiques.) D'un côté, en bas, nous avons percé quelques trous ; de l'autre, en haut. Cela permet une circulation de l'air et de régler l'humidité dans la couveuse en les obstruant plus ou moins. Dans ces compartiments, des bouteilles remplies d'eau servent à emmagasiner de la chaleur en cas de coupure de courant. (Nous avons réussi à sauver un lot d'oeufs malgré une coupure de 48 heures).

Sur le haut, une ouverture de 40 x 40 permet d'accéder à l'intérieur. Nous l'avons fermée par deux plaques de verre pour permettre l'observation sans ouverture. Dans le fond de la partie centrale, sont disposés deux récipients remplis d'eau sur lesquels nous avons disposés des bacs grillagés qui vont recevoir, chacun, 30 oeufs. Il faut toujours veiller à maintenir un fond d'eau dans ces bacs. L'air sec est défavorable à l'éclosion des poussins. Chaque jour, les oeufs étaient retournés 3 fois. Pour être sûrs de ne pas en oublier, ils étaient marqués d'une croix et d'un rond. À la fin, on ne doit plus voir que des ronds ou des croix.



Maintenant, il ne faut plus attendre que l'incubation se fasse. Pour les oeufs de cane, dès la deuxième semaine, nous vaporisons les oeufs matin et soir. C'est pour cela que nous laissons en permanence, dans la couveuse, un petit pulvérisateur de récupération.

Dès le 4ème jour, il est très facile de mirer les oeufs en les plaçant au-dessus d'une source lumineuse et de constater soit une opacité naissante (on peut distinguer les vaisseaux qui se ramifient) soit aucun changement et l'oeuf est alors « clair » et peut être sorti.

Il ne reste plus qu'à attendre les 28 jours d'incubation et de découvrir, avec toujours la même joie, le début du bêchage. Il nous est arrivé d'entendre les canetons crier dès le 26ème jour d'incubation.

On peut trouver dans le commerce, des résistances et des circuitsélectroniques pour remplacer notre montage.

Les premiers jours

L'élevage de quelques canards.

L'incubation se termine, l'éclosion se prépare ; le bêchage commence. Les canetons ne tarderont pas à naître. On peut laisser se dérouler l'éclosion dans la couveuse mais il est préférable de prévoir un « éclosoir ». Il sera ainsi plus aisé de nettoyer la couveuse surtout si d'autres séries d'oeufs s'y trouvent encore.Cet « éclosoir » est un bac en bois garni d'une couche de copeaux et surmonté d'une lampe chauffante qui maintient au niveau des oeufs une température de 38°5

On règle cette température en soulevant plus ou moins la lampe. (Malgré le soin apporté au retournement et à l'humidification des oeufs, il sera parfois utile d'aider les futurs nouveaux-nés. Il nous est arrivé de scier la coquille d'oeuf d'oie pour permettre aux oisons de sortir.) Nous employons le même bac que nous agrandissons pour poursuivre l'élevage à l'intérieur pendant trois semaines. Nous réduisons progressivement la température. Il est assez facile de se rendre compte s'il faut la baisser parce que les poussins,d'eux-mêmes s'en éloignent. On soulève la lampe et ils viennent, de nouveau, s'y blottir.

L'eau et la nourriture (on trouve dans le commerce de l'aliment 1er âge spécial caneton) sera donné en abondance. Les canetons mouillant beaucoup leur litière nous avons surélevé de 2cm, à l'aide d'un fin grillage, l'endroit chauffé. Cela les tient beaucoup plus au sec et facilite le nettoyage qui doit être quotidien évitant ainsi l'apparition des maladies.

À partir de la 4ème semaine, suivant les conditions météo (chaleur/froid ; humidité/ sécheresse) nous laissons sortir les petits canetons à l'extérieur. La nourriture 1reâge sera remplacée par un aliment de croissance toujours à discrétion.

À partir de la huitième semaine, on coupe l'aliment 2ème âge avec les graines qui seront distribuées au marais. On ne pourra bientôt plus les garder dans la pelouse les voisins n'appréciant pas les canes qui commencent à trouver leur cri.

Ici, les prédateurs sont peu nombreux ; Mettre à titre préventif, dans des tuyaux, du grain empoisonné pour éviter la venue des rats parfois un chat s'approche mais ce n'est pas trop grave.

Partenaires
- Page modifiée le 07/02/2014