j'avais 5 mn , qu'on me pardonne, ne lisez pas , si vous ne m'aimez pas
Quelle idée saugrenue , pour un patissier , de se demander combien de feuilles il a bien pu couper , en tranchant en parts individuelles une bande de millefeuilles .
Le geste est si machinal , ne requiére si peu son attention , que son esprit vogue ailleurs .
Et depuis quelques temps , souvent la méme image , celle d’un buste , en ombre chinoise , encadrée par des creneaux ouverts, face a l’aube naissante et drapant de brume cette petite mare de hutte de la baie d’authie ..
L’hiver , tant attendu , a enfin daigné montrer son nez en cette mi janvier , j’enchaine les nuits de veille , sans très grandes reussites , snobant méme une invitation pour ce vendredi , je prend garde quand méme de ne pas en faire autant avec celle du samedi , qui nous est offerte , a gros canard et moi
Par le proprietaire de cette hutte si bien connue .
Mon comparse , qui lui a fait la nuit et habite si loin , viendra plus tard qu’a l’habitude , si bien qu*»il me charge de nous mettre en place .
Je suis donc a l’œuvre , un peu decontenancé car connaissant finalement peu , la chasse en baie .
J*»entreprend donc de déglacer la mare et tant pis si les voisins s*»amusent de ma manœuvre
La mare a moitié en eau , il est temps d’atteler , l’attache etant déjà convenue , je prend quelques libertés avec le court cri vite refrénées par mon collégue qui est désormais en ma compagnie .
Le capot est fermé , nous emprisonnant dans cet espace si réduit que nous partageons ensemble depuis quelques temps , endroit exigu ou nous avons maintes et maintes fois révé a la nuit .
Le verre de l’amitié a la main , nous entendons les quelques tirs ,sur les mares situées devant nous , les oiseaux semblent suivre une ligne précise et n(honorer de leur escale ,que ces huttes ;
C’en est rageant , surtout que nos voisins de derriére commencent eux aussi a profiter de ce mouvement .
La perplexité fait vite place a l’inquiétude puis au désappointement , cela sent la raclée .
Ne tenant plus , je propose a mon ami de revoir notre attache , d’oser innover , calmement ,car nous savons bien qu’il ne faut pas dans ces cas la , s*»affoler , car c’est faire pire que bien , d*‘autant que nos canes ,contrairement a l’habitude , sont comme «*claquer «*, le demi cri etant méme «*wuippé*» et c’est pourtant ce demi cri et le court que nous avons placé devant nous dans le dégel qui vont se reveler «*meurtriers*» dans les heures a venir .
A peine venons nous d’en finir avec ce réajustement que dehors «*ca serre*» , la sarcelle que raméne jean paul fait figure de délivrance , nous sommes heureux d’avoir pu , sans un mot plus haut que l’autre ,faire face a ce probléme ..
Il s*»est assoupi , je lui secoue donc le genoux , car c’est une dizaine de siffleurs qui viennent de se poser sur le bord de mare , on distingue mal , des gazons affleurant viennent perturber la vision , notre tir ne laissera sur place qu’un canard , peut etre un deuxiéme que je m’efforce de chercher pendant jean paul qui a compris le pourquoi de cette pose a cet endroit , maneuvre les blettes .
Il est vingt trois heures , cela pourrait etre une nuit comme beaucoup d’autre , avec deux oiseaux , une belle pose , on s’en contente généralement , mais c’est sans compter sur ce duo infernal qui va nous faire vivre une des plus belles nuits , sinon la plus belle de notre vie de sauvaginier
Et a chaque fois , le méme scenario , un demi cri a la voix eraillée qui force , le court (en l’occurrence un fin cul ) qui donne quelques coups et ca pose , comme a la parade , juste devant nous.
Ils y viendront quasiment tous , méme les pilets , que je n’avais plus croisé depuis tant d’années , que sur cette bande , posée devant moi , je ne prelevrais rien , ( eul fumier eud jean paul , il avo mis min fusil en sécurité )
Si bien qu’a un moment , il nous fallut compter , ces oiseaux que nous gardions comme un butin sous notre lit , «*range les soigneusement et* respecte notre gibier «* , je les ai encore en mémoire , ces mots de jean paul , j’en comptai vingt trois , a cela , un oiseau surement blessé qu’on retrouverait peut etre au matin , donc nous etions quasiment arrivé au maximum ,du prelevement autorisé , ce serait mentir que de ne pas dire qu*»en ce moment précis , on prend conscience de l*»impact de son prélévement et
qu’on se donne comme raison , a tort peut etre , l’exceptionnel de cet acte .
Jean paul me dit , a cet instant , que pour lui , c’est fini , que je fais ce que je veux , mais lui , il dort .
Je suis saoul de cette nuit , ivre mort , je m’interroge , vais-je dormir ? Je n’ai vécue entre autre bien sur que pour cela , alors j’irais au bout .
L’aube est naissante , et aux quelques coups du court cri , mon dernier coup de fusil , un pilet .


Répondre en citant



